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dimanche 2 septembre 2018

VENDEE DECHIREE



V  Comme Vendée Déchirée

La terre est mère de tout ce qui est animé,
Le lien commun des générations passées, présentes et à venir.

Peuple Gikuyu (Afrique)

Sans amour à la terre,
Nous n’avons pas de place au ciel.

Propos du Peuple Aymara (Andes)

Vendée (prononcé [vɑ̃.de ])
Département français traversé par la rivière éponyme, affluent de la Sèvre niortaise.
Situé dans la région des Pays de la Loire et dans la province historique du Poitou, le département correspondant à l'ancien Bas-Poitou.
L'Insee et la Poste lui attribuent le code 85.
Sa préfecture est La Roche-sur-Yon.

Le nom de Vendée est issu du nom d'une rivière, dont la forme originelle devait être *Vindeda « la blanche », dérivé du gaulois (celtique) uindos signifiant « blanc », voire « heureux »








Première moitié du XIXe siècle : un bijou stylisé auquel on vient d'ajouter une croix. Sa référence discrète à l'histoire et sa popularité en font une caractéristique régionale, "les coeurs vendéens", sans lier sa lecture à un événement passé
Deuxième moitié du siècle : différentes interprétations du bijou, comme celui-ci, tentent de rendre sa signification univoque
 
1943 : le département de la Vendée adopte les cœurs vendéens comme meuble héraldique caractéristique de son blason. 

 1989 : le blason engendre un logo dont le succès confirme le choix. .. Mais suscite aussi un contre-projet (existe en bleu et en rouge). 


La Vendée est célèbre dans l'Histoire de France pour les Guerres de Vendée durant la Révolution. Elle vit en effet s'affronter paysans insurgés (les Blancs) et armées révolutionnaires (les Bleus) pendant plusieurs années, en un conflit qui fut la cause de centaines de milliers de morts et qui marqua durablement l'imaginaire vendéen.

 
Les troupes vendéennes sont composées de soldats paysans, les combattants n’ont pas d’uniformes. Beaucoup d’entre eux sont d’habiles chasseurs, qualité précieuses dans cette guerre. Ils partent au combat avec une ration de pain pour quelques jours, sans équipement. La nuit ils dorment à même le sol, les repas sont composés de ce qui est pris sur place.
L’imagerie  a popularisé la silhouette du paysan vendéen en sabots, ou pieds nus, avec le chapeau de feutre sur la tête, le Sacré Cœur et la cuillère accrochés sur la veste de laine,  la longue canardière à la main.


La lutte contre les républicains s’opère surtout en utilisant la masse des combattants. Evoluant sur un territoire mal délimité, avec des troupes incertaines, l’armée vendéenne est dirigée par des chefs qui ont des rôles imprécis.
Dans cette improvisation totale, les rivalités entre les chefs sont grandes.

Les objectifs du conseil et des chefs militaires sont exprimés par la devise « Dieu et le Roi » qui fleurit sur les bannières de l’armée.

Malgré leur isolement et la faiblesse de leur armée, les Blancs vont de victoire en victoire, entre mars et septembre 1793.

Pourtant leur réussite n’est jamais définitive. Ils ne peuvent garantir leurs conquêtes.
Pour les révolutionnaires, les victoires vendéennes sont inexplicables. Ils ne comprennent pas que des paysans mal armés aient pu résister pendant plus de six mois aux troupes envoyées contre eux, alors que pendant le même temps, les soldats de l’Europe entière étaient tenus en échec par ces mêmes troupes révolutionnaires.
La force de ces grandes masses de paysans, leur courage auraient dû être neutralisés par les troupes républicaines qui comptaient aussi des soldats valeureux.

Pour l’ensemble des républicains du pays, la guerre de Vendée est devenue le danger absolu.
Tout le pays se mobilise ; le choix est radical et désespéré ; « Il faut vaincre ou mourir ». Depuis le début de la guerre, les moyens les plus violents ont été réclamés contre les vendéens. A partir de juin 1793, avec la victoire des Montagnards (les révolutionnaires les plus déterminés appuyés par les sans culottes parisiens) des mesures sont prises pour anéantir la Vendée.




 
A la Convention, Barère tient les discours les plus alarmants. A partir d’août, le principe de la destruction de la Vendée est accepté.
Il faut brûler le pays, couper les haies, déporter les habitants. Des colonnes armées commencent à appliquer ce programme dans le sud du département de la Vendée.
Les habitants patriotes sont poussés hors de la région et doivent se réfugier dans les zones favorables à la République. Cet exode forcé permet de faire la distinction entre rebelles et républicains. 


 

Le département Vendée devient le département Vengé.
Les vendéens, divisés, car les troupes de Charrette ne se joignent plus au reste, sont incapables de résister à l’énorme pression exercée sur eux. Ils se replient au nord de Cholet, où ils affrontent les troupes républicaines le 17 octobre.  Contrainte d’abandonner la rive gauche de la Loire, l’armée vendéenne dans un mouvement impulsif, traverse le fleuve autour de Saint Florent pour se diriger vers la Bretagne et le Maine.


Pour les républicains, cette traversée de la Loire par les troupes vendéennes apparait comme une victoire. Ils ne tardent pas à déchanter.

En effet, entre 60 000 et 100 000 personnes, hommes femmes et enfants partent pour un long périple « la viré  de Galerne ». La colonne s’étire sur plusieurs kilomètres protégée par 30 000 à 40 000 combattants. Les troupes républicaines, trop faibles, mal coordonnées, mal commandées, ne peuvent empêcher l’avance des Vendéens, qui traversent Le Mans, Laval, Fougères.

Au départ de la Vendée, certains généraux  voulaient marcher sur Paris, d’autres voulaient rallier les Bretons engagés dans la Chouannerie, et les Anglais qui effectuaient des raids sur la côte. C’est ce parti qui est pris. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les appuis escomptés se dérobent, les Anglais qui devaient venir les appuyer ne sont pas au rendez-vous.
L’armée murmure contre les chefs qui l’ont amenée là ; la méfiance désunit les Vendéens. Ils n’écoutent plus leurs chefs qui voudraient les maintenir sur place, et rebroussent chemin.

Le retour des Vendéens est infiniment plus dramatique que l’aller.
Les républicains ont eu le temps de se regrouper. Les vendéens espèrent franchir la Loire à Angers. Mais la défense de la ville est bien organisée. Ils sont repoussés à l’intérieur des terres. Leur errance les conduit à la Flèche. Talonnés par les républicains, ils pénètrent au Mans, où ils s’arrêtent, épuisés.

Les républicains pénètrent à leur tour dans la ville, et après une nuit et une journée entières de combats emportent la victoire. Les Vendéens s’enfuient vers le nord, tournant le dos à leur destination. Dix mille personnes au moins trouvent la mort dans les combats et dans la répression qui suit. Les vainqueurs ne font plus aucun quartier, et les paysans de la région, par peur des diverses épidémies dont les Vendéens sont porteurs  ou par conviction républicaine s’acharnent contre eux.

Pourtant quelques milliers d’entre eux réussissent à franchir la Loire. Il faut fuir. Suivis et harcelés par l’armée républicaine, les Vendéens repartent vers l’ouest. Entourés par les armées républicaines, fatigués, affaiblis par les départs de petits groupes qui tentent leur chance séparément en Bretagne, en Mayenne, ils ont écrasés le 23 décembre 1793. Les survivants faits prisonniers sont exécutés dans les jours qui suivent.

La destruction des armées catholiques et royales ne laisse plus dans la région que des bandes de quelques centaines, quelques milliers d’hommes tout au plus battant la campagne.

Depuis la fin de 1793, Robespierre et le Comité de salut public ont établi la Terreur. A Nantes et en Vendée, elle se traduira par les noyades et les colonnes infernales.


Mais noyades et colonnes infernales n’ont pas détruit la Vendée. Au contraire, elles en ont provoqué la renaissance.
De véritables armées vendéennes se recomposent ainsi autour de quatre chefs principaux ; Charrette, Stofflet, Sapinaud, Marigny.
Pendant que la Vendée sort renforcée de la douloureuse expérience de la Terreur, la République connaît des difficultés  grandissantes.

En février 1795, les Vendéens de l’armée de Charrette et les républicains entament des négociations dans le petit château de la Jaunaye aux portes de Nantes.
Les discussions sont rudes. Les uns et les autres ont besoin de la paix, mais la veulent au moindre prix. Les Vendéens doivent reconnaître la république. Les républicains s’engagent à laisser libre le culte des prêtres réfractaires, à ne pas lever de soldats ni d’impôts pendant 10 ans, à accepter que les soldats vendéens soient chargés du maintien de l’ordre dans la région.
Dans les semaines qui suivent, les Vendéens de Sapinaud signent la paix, tandis que les Chouans de Bretagne acceptent des négociations analogues à la Mabilais auprès de Rennes.
Mais Stofflet et une partie des officiers de Charrette refusent cette paix qu’ils jugent insultante.

Traité d'amnistie signé par les représentants du peuple près les armées de l'Ouest pour la pacification de la Vendée.
La guerre continue donc dans les Mauges. Elle ne durera pas, Charrette, et les Vendéens pacifiés prêtent discrètement la main aux républicains qui obligent Stofflet à signer lui aussi la paix à Saint Florent en mai 1795.


La Vendée Brisée
Désastre individuel, désastre collectif, l’Ouest pleure ses morts.
Pendant que les Vendéens connaissent une paix relative au milieu de l’année 1795, les émigrés continuent la guerre. Les Frères de Louis XVI, le comte de Provence et le comte d’Artois, vivent en exil. Le ministère anglais dirigé par Pitt et le comte d’Artois, qui veut mener depuis l’Angleterre la reconquête de la France mettent sur pied une grande expédition navale pour faire débarquer des troupes franco-anglaises en Bretagne.

L’opération marque vraiment la reprise de la guerre.  Alors que les républicains sont occupés par le débarquement de Quiberon, Charrette reçoit des armes et des munitions transportés par des bâtiments anglais.

Le comte d’Artois le confirme dans son grade de commandant en chef de l’armée, et lui promet en outre de venir en Vendée se mettre à la tête de ses troupes.

La guerre qui se déroule alors est encore différente des précédentes.
Charrette a imposé cette reprise des combats et en a profité pour resserrer son autorité sur ses hommes. Mais il n’est pas suivi par les autres chefs vendéens, notamment Stofflet qui reste obstinément en paix dans le Mauges.
Les paysans suivent Charrette sans trop d’enthousiasme. Enfin Charrette n’est finalement pas soutenu par le comte d’Artois.

L’arrivée de Hoche au commandement suprême de l’armée de l’Ouest marque un tournant capital.
Le jeune général adopte des positions inédites vis-à-vis de la Vendée. Il fait la différence entre les chefs vendéens et leur idéologie contre révolutionnaire d’une part,  et les paysans et leur désir de maintenir les habitudes sociales et religieuses d’autre part.
A ces derniers, il propose une amnistie s’ils déposent leur armes et il laisse libre l’exercice du culte ; en revanche, contre les chefs, il continue une guerre implacable.

La situation des chefs vendéens insoumis devient rapidement intenable.
Abandonnés par la plupart de leurs hommes, ne disposant plus de cantonnements, errant de cache en cache, à la tête de quelques centaines de fidèles aux mieux, Charrette et Stofflet (ce dernier à la suite de pressions exercées sur lui s’est lancé à nouveau dans la guerre)  sont à la merci d’une dénonciation, du hasard d’une embuscade. Ils seront finalement tous deux capturés et fusillés.

La guerre s’achève donc en 1796 avec la disparition des principaux chefs vendéens. La paix revient difficilement.
 


Les combats, les massacres ne s’oublient pas. Les populations qui ont pris le parti des révolutionnaires sont mal acceptées en Vendée, et des règlements de comptes, des assassinats auront lieu pendant plusieurs années encore. Les administrateurs républicains contrôlent difficilement la région, dont certains cantons échappent complètement à leur emprise. L’économie se remet pourtant en place vigoureusement, permettant la reconstitution d’une paysannerie forte et homogène.

L’aventure guerrière est terminée, mais la Vendée demeure.
Le souvenir n’a pas disparu avec les combattants. Entretenue par les luttes érudites, par les attaques politiques, notamment sous la IIIème république, la mémoire de la guerre, même à la fin du XXème siècle, continue d’alimenter les passions.
La Vendée du souvenir, c’est le rappel des  noms des Blancs dans les plaques des rues, c’est l’existence d’une tradition orale qui n’a oublié ni les martyrs ni les combattants. L’oubli est définitif sur les raisons qui ont poussé les paysans à se révolter contre la Révolution, et sur les causes qui ont isolé la Vendée du reste du pays. Seule est restée l’idée d’une région à part, d’une population particulière née l’une et l’autre d’une guerre inexpiable.

Je ne sais pas si mes Ancêtres Vendéens étaient du côté des Blancs ou des Bleus. Ils étaient avant tout des hommes et des femmes qui luttaient pour leurs convictions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises aux yeux des uns ou des autres.
Ils ont survécu à tout cela, et c’est pour cela que je peux aujourd’hui  vous parler.
J’essaye à ma manière de parler d’eux, de retracer leur histoire, et de leur rendre hommage !
 
Sources textes et illustrations.
« Blancs et Bleus dans la Vendée Déchirée » - Jean-Clément MARTIN Editions Découvertes Gallimard ;  Archives  départementales de Vendée « Guerres de Vendée » ;  Wikipédia ; Origines  et Révélations - 365 pensées de sages africains  et d’Amérique latine–  Danielle et Olivier FOLLMI




Y T'O SE BE DIT






Y Comme « Y t’o sé bé dit  »
Le corps et la parole ont une grande importance
C’est en s’appuyant sur eux que la réalisation spirituelle peut se développer
Nous pourrions dire que le corps et la parole
Sont en quelque sorte les serviteurs de l’esprit.
Kalou Rinpotché

Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l’autre
A la fois dans son identité et dans son altérité.
Alassane Ndaw


Y t’o sé bé dit ; (ou I to sé bé dit) traduction  « Je te l’avais bien dit »

Vous l’avez sans doute compris, je vais vous parler avec cette lettre Y, du patois vendéen.

Le terme de patois est utilisé pour désigner les langues minoritaires, dans certains contextes et parfois avec une connotation dépréciative. Bien que souvent utilisé par les locuteurs des langues régionales eux-mêmes, le terme résulte en France d'une lente aliénation culturelle par laquelle les autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue autre que le français, que leur langue n'en était pas une, qu'elle n'était qu'une déformation locale de la langue française.

Ainsi en 1762 le dictionnaire de l'Académie française le définit ainsi ; « Langage rustique, grossier, comme est celui d'un paysan, ou du bas peuple ». Cette présentation est depuis plusieurs décennies dénoncée par la plupart des linguistes et des romanistes.

En Vendée, comme dans beaucoup d’autres départements français, le langage entre habitants était souvent fait en « patois ». Il peut être quelque peu différent d’une commune à une autre.
Tel mot est employé ici, tel autre est inconnu de l’autre côté du buisson. Les intonations diffèrent, on traine, on chante, suivant son clocher. Cependant, il semble pouvoir être établi qu’il existe à peu près quatre parlanges, correspondant aux quatre grandes divisions du sol vendéen ; le haut bocage, le marais, la côte sablaise, et la plaine.

Le patois est convivial, familial et toujours humoristique dans le bocage vendéen.



Quelques expressions en patois commençant par Y (là ou un bocain suggère d’écrire « i’o », le maraichin prononce peut-être « i’ou »
Y cré bé ; je crois bien
You craé don baé   ; ou  l’o craé don baé ; je le crois bien
Exemple : « cqu'eul dit you craé don baé olé la véritaé vrète pardit » ; « y cré bé quo va mouiller dam »
Yaprin ; garance voyageuse, plante de la famille des Rubiacées
Yener ; Glaner
Exemple : « Yener » dans la pièce de grain
Yolère ; Petite yole propulsée avec une ningle pour transport de personne
Exemple : « Monte dans la yolère, v´la les vêpres qui soune au ciocher »  
Yon, yan ; gland
You saé ja squ'olète :je ne sais pas ce que c'est
Exemple :  « - quétou colaète itchu ? - you saé ja squ'olète...! »
Yus ; leurs
Ya pas peurtousse dans la vie : formule utilisée par les chefs chouans pour exhorter leurs troupes avant les affrontements. L'expression s'est démocratisée et elle est aujourd'hui utilisée comme une phrase d'auto-encouragement : il faut prendre des risques sans forcément en analyser les conséquences.
Ya jamais personne derrière la meule (avec un sourire entendu) : les bals populaires de la région étaient, au début du vingtième siècle, de véritables sites de rencontres. Le décor comportait de nombreuses meules de foin derrière lesquelles nos amoureux d'un soir s'ébattaient. L'expression est employée, en toute ironie, pour signifier que l’on n’est pas dupe.
Yé mangé c'qu' y  v'las djire ; (j’ai oublié)
Yé pas demain la veille  (ce n'est pas près d’arriver)
Yé pas été fé ; traduction ; (en courant)
Y mange gros de pâtisserie ; (bé oui du pâté)



Je ne suis pas experte en patois vendéen. Si vous trouvez des erreurs sur l’écriture ou la traduction, dites le moi.

Offrandes  et Origines 365 pensées de Maitres Bouddhistes, et de sages africains, Danielle et Olivier Follmi.
Pour en savoir plus ;
http://recherche-archives.vendee.fr (data/files/ad85.ligeo/FRAD085_4NUM280/FR/Ad85/4Num280/55/4Num280_55.pdf)
Annuaire de la société d’Emulation de la Vendée (bulletin périodique 1908) sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2088549/f1.image


REGISTRE MATRICULE



R Comme REGISTRE MATRICULE

Il faut se souvenir du passé,
Non pour rouvrir de vieilles blessures,
Mais pour les refermer.

Fedérico Mayor

REGISTRE ;  Livre public ou particulier sur lequel on inscrit les fais, les actes dont on veut garder le souvenir ou la trace.
MATRICULE ; registre où sont inscrits les noms des individus qui entrent dans un hôpital, une prison, un corps de troupes etc….
Les registres matricules militaires ont été créés en 1867 pour suivre le parcours militaire des recrues



Avant 1905, l'attribution du matricule est faite par le conseil de révision qui va de canton en canton. Dans le premier canton visité, on attribue le matricule 1 à la personne qui a tiré le numéro 1. Et ainsi de suite. Quand on passe au canton suivant, celui qui tire le numéro 1 se voit attribuer le matricule qui suit celui du dernier du précédent canton. Les matricules sont donc classés par canton et par numéro tiré.
Après 1905, plus de tirage au sort. La répartition se fait toujours par canton suivant l'ordre de visite du conseil de révision cette année là, mais cette fois-ci la première personne par ordre alphabétique obtient le numéro 1 et ainsi de suite. Dans le second canton, on continue la liste des matricules en repartant par ordre alphabétique. Les matricules sont donc classés par canton et par ordre alphabétique parmi les habitants de chaque canton et non uniquement par ordre alphabétique.
*************
 Grâce au registre matricule de mon arrière grand-père Clément DAVID, que j’ai trouvé sur les archives départementales de Vendée, j’ai pu un peu mieux le connaître, même si, je l’avoue, aujourd’hui, je n’ai pas encore tout découvert, ce qui est tout de même assez frustrant !
Clément DAVID portait donc le numéro 36 de tirage dans le canton de Montaigu, et le numéro matricule du recrutement ; 1102. Mon aïeul avait un degré d’instruction générale de niveau 3 ce qui veut dire qu’il possédait une instruction primaire plus développée.
Il avait :

v  les cheveux et sourcils bruns,
v  les yeux bleus,
v  le front rond,
v  un nez gros,
v  une bouche moyenne,
v  le menton carré,
v  un visage anguleux,
v  et mesurait 1m 58 donc pas grand, contrairement à sa fille ma Grand-Mère Thérèse qui était assez grande – sans doute tenait-elle de sa mère.

Sur ce registre, je peux voir également qu’il était propre au service actif, mais qu’il a été dispensé ayant un frère présent sous les drapeaux – je ne sais pas, par contre en quelle année ?
Dans le détail des services et mutations diverses, j’apprends ;
-         Qu’il a été appelé à l’activité le 14 novembre 1898 au 137ème régiment d’Infanterie, arrivé au corps ledit jour, immatriculé sous le numéro 8392 – Il était soldat de 2ème classe, et passé dans la disponibilité de l’armée active le 20 septembre 1899.
-         Un certificat de bonne conduite lui a été accordé.
-         Il passe dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1901, maintenu affecté au Régiment d’Infanterie de la ROCHE SUR YON.
Entre temps, je vois également qu’il a accompli une première période d’exercices dans le 93ème Régiment d’Infanterie du 22 août au 18 septembre 1904, et une deuxième période d’exercices dans le même régiment du 19 août au 15 septembre 1907. Il est alors déjà marié, et a une petite fille née en avril 1907.
-         Il passe ensuite, dans l’armée territoriale le 1er octobre 1911, et affecté au 83ème Régiment Territorial d’Infanterie.
-         Comme beaucoup d’autres, il est rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale du 1er aout 1914. Arrivé au corps le 4 aout 1914, soldat de 2ème classe.  Il a laissé chez lui, son épouse et ses quatre enfants, dont son dernier né seulement âgé d’à peine un mois.
-         Il passe le 7 octobre 1914 au 88ème Régiment Territorial d’Infanterie.
Ses campagnes contre l’Allemagne
-         Intérieur du 4 août 1914 au 6 octobre 1914
-         Armées du 7 octobre 1914 au 12 septembre 1915
-         Intérieur C.D. du 13 septembre 1915 au 21 juillet 1916.
Ensuite, j’apprends qu’il est évacué des armées, qu’il a été blessé le 13 septembre 1915, et qu’il est proposé pour une pension de retraite de 1ère classe, le 21 juillet 1916 à Montpellier pour cécité complète, pension qu’il obtiendra suivant décret du 29 décembre 1916.
Par décret du 18 octobre 1917 cette pension sera révisée, c’est sa veuve qui en profitera, car Clément DAVID  décède le 30 avril 1917 à LA BOISSIERE DE MONTAIGU en Vendée, son fief.
Je découvre aussi sur son registre matricule,  qu’il a été blessé à HERCHE (Somme) par éclats d’obus à la figure, et cécité complète – Je suppose alors qu’il fait partie des « Gueules Cassées » !
Il est cité à l’ordre de l’armée – journal officiel du 2 novembre 1916
« A toujours fait preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaire, blessé très grièvement à son poste, le 13 septembre 1915 – cécité complète »
 

Médaille militaire pour prendre rang du 28 septembre 1916 – Croix de Guerre avec palme.

C’est alors pour moi un « long parcours du combattant », pour trouver des informations relatives à ses blessures, sur ce qui s’est passé depuis le jour où il a été blessé et le jour où il décède.
Je n’ai pas tout découvert ! J’ai trouvé le journal des opérations militaires de son régiment (voir mon article à la lettre O), le journal officiel indiquant qu’il bénéficiait d’une pension, le journal officiel pour ses médailles, mais rien concernant ses blessures et son séjour en hôpital.
J’ai interrogé les archives du service des Armées, mais rien ! A croire, qu’après avoir été blessé et évacué du front, il a disparu de la circulation pour ne réapparaître qu’en 1917 pour mourir en son domicile !
Les « gueules cassées » dont mon arrière grand-père a sans doute fait partie, (vu ses blessures)  ont du vivre un véritable calvaire. Non seulement ils étaient défigurés, ce qui n’était certainement pas facile à accepter pour certains qui auraient sans doute préférés mourir sur le champ de bataille, mais en plus, une fois rentrés chez eux, ils devaient subir le regard des autres, y compris parfois, celui de leur famille.
Poème des Gueules Cassées – La Blessure au Visage
Lorsqu’'on aura posé les armes
Et que, joyeux levant le front
Et tarissant toutes les larmes
Reviendront: ceux qui reviendront!  
 Les femmes d'un élan farouche
Prendront les hommes sur leur cœur
Et baiseront à pleine bouche
Celui qui reviendra vainqueur

Puis s'apaisera la joie ivre
Et l 'ordre ayant donné ses lois
Il faudra se reprendre à vivre
Ainsi qu’ on vivait autrefois

Or bien peu reviendront sans doute
Les mêmes qui étaient partis
Tel qui fut droit ,hélas se voûte
Et tel autre a les cheveux gris

Le front de celui-ci se ride
Ainsi que le front d 'un vieillard
Et celui-là sa manche est vide
Et l autre, il n a plus de regard

Mais les femmes consolatrices
Après l’ étreinte du retour
Ennobliront les cicatrices
A force de soin et d’ amour

Toi qui te crois vieux jusqu'à l'âme
Ecoute dans la paix du soir
Le rire de ta jeune femme
Et ton cœur frémira d’ espoir

Toi qui traine une béquille
Pour guider ton pas incertain
Le bras de quelque belle fille
Te soutiendra sur ton chemin

Toi dont l'épaule mutilée
Te rend sauvage et maladroit
Attends d 'une âme consolée
Celle qui sera ton bras droit

Mais toi dont le masque effroyable
Est défiguré par l'horreur
Semblable au monstre de la fable
Dont les petits enfants ont peur

Toi qui dans la tragique fête
Au premier rang des bataillons
A su, sans détourner la tête
Recevoir le coup en plein front

Toi qui n'en est pas  mort ,pauvre homme
Mais à toi même hélas survis!
Toi, qui n’a su donner en somme
Que ton visage à ton pays...

L'amour se détourne à ta vue
L'amitié ralentit le pas
Et le soir de ta venue
Ton chien ne te reconnut pas!

Si tu n'as plus ta vieille mère
Ne rentre pas à la maison
Oh! Pauvre enlaidi de la guerre
Fuis, au hasard, vers l'horizon!

Fuis ta demeure et ton village
On te plaint moins qu’ hier déjà
On se détourne davantage
Et demain on t'évitera

Mais si ta mère est à ta porte
Entre sans crainte elle t'attend!
Pourquoi trembles-tu? Que t'importe?
Elle a reconnu son enfant!

Elle t'étreint et te regarde
Et clame quelle chance j'ai.
C'est bien lui, je l'ai, je le garde
C'est mon fils, il n’a pas changé!

Ces soldats ne sont pas « Morts pour la France », car souvent démobilisés après leurs blessures, mais ils ont été décorés des plus hautes distinctions.
Mais le sacrifice qu’ils ont du subir n’est-il pas aussi violent que de mourir sur le front ?
Je remercie, pour leur aide, et leur patience,  tous les membres généablogueurs des groupes sur Facebook « généalogie récap – recherches militaires », « généalogie Loire Atlantique », « généalogie Passion du Grand Ouest », « généalogie et biographie »,  « généalogie morbihannaise », et « généalogie vos blogs »,  les membres du forum « pages 14/18 » et tous les autres, (je ne peux pas tous les citer).
Je tiens également à remercier tout particulièrement Monsieur Bernard BOUSQUET de l’Association des Anciens Combattants de LA BOISSIERE DE MONTAIGU, pour sa gentillesse, pour son aide dans mes recherches, et avec qui j’ai beaucoup échangé et partagé. 
Sans vous tous, je n’aurai guère pu avancer !
Je ne désespère pas - Peut-être un jour trouverais-je ce que je cherche !

Sources -  Révélations – 365 pensées d’Amérique Latine - Danielle et Olivier FOLLMI ; Archives départementales de la Vendée – Archives des Armées - Le petit Larousse – Gallica BNF – Forum pages 14/18
 et l’aimable participation de Mr BOUSQUET.

OPERATIONS MILITAIRES



O Comme OPERATIONS MILITAIRES

Les faits ne sont pas effrayants,
Mais si vous voulez les éviter, leur tourner le dos et fuir,
C’est cela qui est effrayant.
Krishnamurti

Œil pour œil, dent pour dent, finira par rendre le monde aveugle
Gandhy



OPERATIONS MILITAIRES : action planifiée (dates et horaires, moyens déployés, personnel, encadrement et objectifs) menée par des forces armées. Les opérations militaires peuvent combiner des opérations aériennes, des opérations terrestres et des opérations navales ; elles sont dites alors interarmées.


Comme beaucoup d’autres hommes, mon arrière Grand-Père Clément DAVID  a été rappelé à l’activité par décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Il arrive au corps le 4 août 1914 en tant que soldat de 2ème classe.

Il est affecté le 7 octobre 1914 au 88ème Régiment Territorial d’Infanterie, jusqu’au 13 septembre 1915, date où il est évacué des armées, pour cause de blessures par éclats d’obus à la figure, et cécité complète.

 
Je vais vous parler des opérations militaires de ce régiment sur les quelques jours précédent les blessures de mon arrière Grand-Père.

Véritable journal de bord (comme pour les marins), ces journaux nous permettent de découvrir les journées vécues pendant cette drôle de guerre, par nos braves Soldats.

  

 



Début septembre 1915, les 3ème et 4ème  bataillons du 88ème RTI occupent les mêmes positions que les jours précédents.
Les hommes sont occupés à l’exécution de tranchées. Les travaux se font entre les bombardements ennemis, le mauvais temps, les exercices des canons et fusées explosives, les inspections des « tampons » contre les gaz asphyxiants.


Le 8 septembre 1915, le 3ème bataillon achève les postes d’écoute, et construit des abris. Le 4ème bataillon est occupé aux travaux de creusement des boyaux d’attaque.
Dans la nuit, fusillade et canonnade très vive  de la part de l’ennemi. Bombardement des tranchées  entre 4heures et 5heures 30. Salves successives de 150.105 77 et Minenwerfen.

 

Passage d’un dirigeable au-dessus des lignes se dirigeant vers l’Est. Le même dirigeable est repassé ensuite vers l’Ouest. L’artillerie allemande a tiré une quarantaine d’obus sur ce dirigeable.





Les 9, 10, 11 septembre, continuation des travaux de tranchées, construction d’abris, de boyaux d’attaque,
Le 12 septembre, mêmes positions, et continuation des travaux de la veille.
Il a été posé la nuit, en avant des réseaux, sur le côté sud de la route d’Andechy, une grande pancarte écrite en allemand, annonçant la victoire russe de Tarnopol.

Le 13 septembre, le 4ème bataillon occupe les mêmes positions que la veille et continue les travaux.



Vers 21h10, un projectile de minenwerfer est tombé dans le boyau où travaillait des soldats, cinq d’entre eux ont été blessés par les éclats, dont mon arrière Grand-Père Clément DAVID, « blessure grave aux joues, à la figure et à l’épaule »

  













Je suppose qu’il est évacué au premier poste de secours, qui se trouve à ERCHES pour être ensuite transporté à l’intérieur des formations sanitaires.
Je pense que mon arrière Grand-Père, vu les blessures décrites, faisait partie des « Gueules Cassées ». Je n’ai pour l’instant pas trouvé son parcours sanitaire.
J’aurai l’occasion de reparler de ce sujet, à la lettre R, et je pense que j’écrirai prochainement sur mon blog un article uniquement consacré à ces « Gueules cassées ».

 

Je constate au vu de ce journal d’opérations militaires, que beaucoup de soldats ont été blessés ou sont morts non pas au combat, mais en construisant ces tranchées. Tranchées, qui, pour beaucoup d’entre eux, devaient servir de tombeau. 




A la date du 26 janvier 1916, le Généralissime écrit ce qui suit « Le 88ème territorial de marches comprend les 3eme et 4ème bataillons du 88ème territorial. L’existence aux Armées des deux régiments portant le même numéro est la cause de fréquentes erreurs. En conséquence, et d’accord avec le Ministre, le 88ème territorial de marche devient le 288ème régiment territorial d’infanterie. Les deux bataillons conserveront leurs numéros actuels ».

Par ordre particulier N°42 le 288ème RIT est mis à compter du 20 décembre 1916 à la disposition de la 132ème division d’infanterie pour être employé aux travaux d’organisation défensive et  à l’entretien des routes, pistes et camps de la 132ème division d’infanterie.

Photos du 88ème RTI

 













Sources
Sagesse 365 pensées de Maîtres de l’Inde Danielle et olivier FOLLMI ; WIKIPEDIA ;  Photos WIKIPEDIA, WIKIPEDIA COMMONS et GALLICA, Photos du  88ème RTI avec l’aimable autorisation de Claudie ROPERT – Photo de construction d’une tranchée http://87dit.canalblog.com/archives/2013/08/23/27880908.html